Pont et barrage de Sevreau

France > Nouvelle-Aquitaine > Deux-Sèvres > Niort

Le pont-barrage rappelle l'histoire ancienne et importante du hameau de Sevreau, développé au bord d'un port et point de passage sur la Sèvre. Le port de Sevreau fait partie de ceux sur lesquels le duc Jean de Berry établit en 1377 la perception de droits pour financer la réhabilitation du port de Niort et du cours de la Sèvre Niortaise. Au début du 18e siècle, Claude Masse mentionne sur une de ses cartes le "passage dans un bac" de Sevreau.

Ce passage s'avère toutefois trop précaire et, alors que le pont de Magné n'existe toujours pas, au début du 19e siècle, les autorités, notamment celles de Magné, demandent la construction d'un pont à Sevreau pour faciliter les échanges entre Niort et les marais. Faute de ressources financières suffisantes, l'Etat accorde la mise en place d'un barrage fixe, traversé par une simple chaussée. L'ouvrage est conçu par l'ingénieur en chef Tréton-Dumousseau qui en présente le projet le 9 août 1805 (21 thermidor an XIII), incluant la construction d'un autre ouvrage à la sortie est du bourg de Magné, sur le bief Saint-Germain. Le barrage de Sevreau aura la forme d'une chaussée en terre longue de 57 mètres sur 8 de large et haute d'un mètre au-dessus des plus hautes eaux. Le passage sur ce barrage sera empierré sur 4 mètres de large, avec de la pierre tirée de la carrière de Grand Bois, près de Magné. On en profitera aussi pour améliorer le chemin qui relie Magné et Sevreau sur la rive gauche de la Sèvre, en le surélevant pour le mettre à l'abri de l'inondation. Approuvé le 21 août, ce projet ne répond pourtant pas au souhait du conseil municipal de Magné qui, le 8 juin 1806, émet de nouveau le voeu de voir le barrage remplacé par un pont, sans cependant être suivi.

Ainsi réalisé, le passage s'avère effectivement précaire et dangereux et, en 1814, on ajoute une rampe pour sécuriser le passage des piétons. En 1818-1823, la construction d'une écluse avec barrage de décharge à Sevreau, destiné à mieux réguler le niveau d'eau dans la Vieille Sèvre ou bras de Sevreau, fait partie du vaste projet d'aménagement du fleuve présenté par l'ingénieur Mesnager. Celui-ci situe les deux ouvrages en amont du pont-barrage actuel, à la confluence entre la Sèvre Niortaise et le bras de Sevreau, en prévoyant aussi le creusement d'un petit bras pour établir l'écluse et redresser ici le cours du fleuve. Ce premier projet n'est pas réalisé et, en 1831, le maire de Magné réclame de nouveau au préfet le remplacement de la chaussée traversant le barrage par un pont, ou bien la surélévation du barrage, rappelant que le passage à gué à cet endroit est dangereux. En 1833, faute de pont, des travaux sont engagés pour sécuriser le barrage et le passage à pied qui l'emprunte. Le "barrage", en fait une chaussée empierrée, apparaît sur le plan cadastral de Saint-Liguaire en 1832.

Il faut attendre le nouveau programme d'aménagement du bassin de la Sèvre Niortaise élaboré en 1856 par l'ingénieur Joseph Maire, pour que le projet de pont-barrage à Sevreau redevienne d'actualité. La destruction de la chaussée par une inondation rend cet aménagement encore plus nécessaire. Maire prévoit un pont à trois arches, une centrale plus large que les deux autres, latérales. Le 14 janvier 1860, l'ingénieur Sallebert présente un nouveau projet qui reprend le principe d'un pont à trois arches, cette fois voûtées en berceau, dont une centrale de 5,20 mètres d'envergure, et deux latérales de 2,60 mètres chacune. A ce pont est ajouté, en aval, un triple barrage de régulation du niveau d'eau, équipé de deux clapets vis-à-vis des arches latérales du pont, et d'aiguilles (pieux en bois verticaux) vis-à-vis de l'arche centrale. Ce barrage mobile doit remplacer l'ancien barrage fixe. Le projet est approuvé par décision ministérielle du 22 mars 1860. Adjugés à Pierre Aubert, entrepreneur à Niort, les travaux sont réceptionnés le 17 janvier 1861. Le dispositif est complété quelques années plus tard par le creusement du bras redressant la confluence entre la Sèvre Niortaise et le bras de Sevreau, en amont du pont-barrage ; cette opération, déjà prévue par Mesnager en 1818, est comprise dans le programme d'amélioration du cours de la Sèvre approuvé par décision ministérielle du 29 avril 1867.

Périodes

Principale : 4e quart 19e siècle

Dates

1860, daté par source

Auteurs Auteur : Sallebert Romain

Ingénieur en chef du service spécial de la Sèvre Niortaise de 1857 à 1860.

, ingénieur des Ponts et Chaussées (attribution par source)
Auteur : Tréton-Dumousseau Pierre

Né le 15 mars 1766 à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), fils d'un conseiller du roi et lieutenant en l'élection de cette ville, il se marie en 1792, à Saumur, avec Eulalie Blancler. A cette date, il est déjà ingénieur des Ponts et Chaussées et demeure à Conflans-Charenton (Charenton-le-Pont), près de Paris. Selon les lieux de naissance de ses enfants, il demeure successivement à Saint-Hilaire-Saint-Florent (Saumur) en 1796, Saint-Symphorien près de Tours, en 1802, Tours en 1804. En 1805, Pierre Tréton-Dumousseau est nommé ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à Niort où naît son fils, Paul, en janvier 1806. François-Philippe Mesnager lui succède à la tête du service ordinaire des Deux-Sèvres en 1811. Affecté en Vendée puis dans les Côtes-du-Nord en 1813, actif dans la Haute-Vienne sous la Restauration, il prend sa retraite en juillet 1823, et décède le 28 mai 1835 au Coudray-Macouard, près de Saumur.

, ingénieur des Ponts et Chaussées (attribution par source)

Le pont-barrage de Sevreau remplit un double rôle : permettre à la route D9 qui relie Niort et Magné de franchir un des bras de la Sèvre Niortaise, dit le bras de Sevreau ; et réguler le niveau d'eau dans ce dernier. Le pont est constitué de trois arches en pierre de taille, les deux arches latérales étant plus étroites que l'arche centrale. Juste en aval, des pelles métalliques et à crémaillères, établies entre des culées en pierre de taille, se lèvent ou s'abaissent en fonction des besoins de régulation du niveau d'eau.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Deux-Sèvres , Niort , avenue de Sevreau

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Sevreau

Cadastre: 1832 D (Cadastre de Saint-Liguaire), 2016 DV

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Deux-Sèvres , Magné , avenue du Marais poitevin

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Sevreau

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