Prison, actuellement centre médico-social

France > Nouvelle-Aquitaine > Gironde > Blaye

Le bâtiment dit de la Manutention, au sein de la citadelle, est affecté à partir de la Révolution à la prison militaire et civile de Blaye. Jugée insuffisante et inadaptée pour l'emprisonnement de civils, sa reconstruction en ville, envisagée dès 1819, est régulièrement ajournée. Sur injonction de l'autorité militaire à évacuer les lieux, la construction de la nouvelle prison est décidée sur un projet de l'architecte départemental Alexandre Poitevin de 1829. Les travaux, engagés dès l'acquisition d'un terrain jouxtant le tribunal en mai 1830, sont achevés en décembre 1831 : le bâtiment se compose alors d'un corps de bâtiment quadrangulaire sur rue et d'une cour divisée en deux parties inégales.

Des insuffisances sont pointées dans l'organisation des locaux dès la mise en service de la prison et à plusieurs reprises au cours des années 1830, mais seule une modification intervient en 1842, lors de l'aménagement du logement du gardien-chef au rez-de-chaussée. Cette même année, un rapport de l'inspecteur général des bâtiments pénitentiaires envisage la construction sur la cour d'un nouveau bâtiment à étage, destiné au régime d'emprisonnement cellulaire. Cette construction, ajournée pour motifs budgétaires, est mise en projet en 1845 sur des plans de l'architecte départemental Adolphe Thiac, modifiés en 1847. Le bâtiment semi-panoptique, comprenant 20 cellules, une salle pour la détention en commun et des préaux, est édifié en 1850-1852, semble-t-il sous la conduite de l'architecte d'arrondissement Gauthier.

Un projet d'agrandissement, sur les terrains laissés vacants de l'ancienne église Saint-Sauveur, est encore élaboré en 1897 par l'architecte bordelais Jacques Valleton, mais il ne fut pas mis en œuvre. Le bâtiment, désaffecté comme prison en 1926, est proposé pour accueillir la caserne de gendarmerie, sur un projet de l'architecte Charles Grange de 1927, non réalisé. L'édifice est réaménagé par la suite en bains-douches, avant d'être converti en centre médico-social sur un projet des architectes du service des bâtiments départementaux du Conseil général de la Gironde, Jacques Roussely et Philippe Castagné, réalisés par l'entrepreneur Ételain. L'établissement est inauguré en 1983.

Périodes

Principale : 2e quart 19e siècle

Secondaire : 4e quart 20e siècle

Dates

1829, daté par source

1847, daté par source

Auteurs Auteur : Poitevin Pierre Alexandre, architecte départemental (attribution par source)
Auteur : Thiac Joseph-Adolphe

Formé par son père, Pierre-Jean-Baptiste, ingénieur-architecte, il est l'élève de maîtres parisiens Huyot et Guénepin (1919-1821). Il achève ses études par un voyage en Italie en 1824. Ses commandes privées à Bordeaux sont nombreuses : hôtels Barennes, Pairier et Bouscasse sur les allées de Chartres entre 1835 et 1843. En 1835, il est chargé de la construction du bazar bordelais. Architecte du département de la Gironde de 1830 à 1855, il mène les travaux d'entretien, de restauration et de construction des édifices civils et religieux : agrandissement de la préfecture (hôtel de Saige), prisons départementales. Il réalise les tribunaux de Blaye et de Lesparrre et, à Bordeaux, deux bâtiments majeurs : le Palais de Justice (1831-1846) et l’institution des sourdes et muettes de la rue Abbé-de-l'Epée (1834-1870). S'ajoute à cette riche carrière architecturale une intense vie publique : membre de la Commission des Monuments historiques en 1840, Thiac est également conseiller municipal puis adjoint au maire de Bordeaux.

, architecte départemental (attribution par source)

L'établissement est composé d'un corps de bâtiment quadrangulaire sur rue d'un étage, et d'un corps arrière semi-circulaire, correspondant à l'ancienne prison cellulaire. La façade sur rue est en pierre de taille avec chaînes d'angles à bossage. Les ouvertures, autrefois assez réduites, ont été agrandies. Un bandeau souligne l'étage et une corniche couronne l'élévation. La porte d'entrée donne sur un corridor longitudinal et sur la cage de l'escalier rampe-sur-rampe. Un espace largement dégagé, maintenu par deux colonnes, assure la liaison entre le bâtiment sur rue et la partie arrière en léger contrebas, desservie par un escalier symétrique. Les cellules, réparties sur le pourtour en deux niveaux, sont voûtées en berceau de briques. Les murs extérieurs sont en pierre de taille de Bourg, la toiture est couverte d'ardoises au centre, et de tuiles creuses sur la périphérie en appentis.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

  2. Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile creuse, ardoise
Plans

plan centré

Étages

1 étage carré

Couvrements
  1. voûte en berceau en brique
Élévations extérieures

élévation à travées

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : pignon couvert

  2. Partie de toit : croupe ronde

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier tournant à retours sans jour

    Structure : en maçonnerie

  2. Forme : escalier symétrique

    Structure : en maçonnerie

État de conservation
  1. restauré

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Gironde , Blaye , 2 rue de la Libération

Milieu d'implantation: en ville

Cadastre: 1832, 2015 AM 391

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