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Ensemble de 14 verrières : Les mystères du Rosaire (baies 1 et 2, 5 à 16)
Historique
Entre 1866 et 1868, à l'initiative du curé Pierre Bellocq, la fabrique effectua de grands travaux dans l'église du bourg, consistant, entre autres, dans la reconstruction quasi totale des deux travées occidentales, dans l'ajout d'une travée supplémentaire et dans la réfection à neuf de quatorze fenêtres (furent toutefois conservées les deux baies géminées gothiques du chœur). La commande des verrières, à l'exception de celle de la verrière axiale et de l'oculus de la chapelle de la Vierge (baies 0 et 3), revint au peintre-verrier toulousain Dominique Rigaud (Toulouse 1827-1883), dont il constitue la seule œuvre connue dans les églises landaises. L'exécution de cet ensemble, l'un des plus ambitieux réalisés en Chalosse au XIXe siècle, s'étala sur les années 1867 et 1868, en commençant apparemment par les baies occidentales de l'église : les verrières 11, 15 et 16 portent en effet la date 1867, la verrière 7 celle de 1868 - toutefois, l'absence de date pour les onze autres verrières ne permet pas d'établir un ordre rigoureux. Les registres de comptes de la fabrique font état de quatre versements successifs à l'abbé Bellocq (qui avait avancé les fonds), effectués le 31 décembre des années 1868, 1869, 1870 et 1871, respectivement de 300, 200, 115 et 150 francs, soit une somme de 765 francs - bien faible mais incomplète, car elle n'inclut pas l'apport probable de la commune ni le secours obtenu de l’État.
La mention de la formule latine invenit à la suite de la signature du verrier au bas du Portement de croix (baie 10) et de la Crucifixion (baie 8) semble indiquer que celui-ci est aussi l'auteur des cartons - Rigaud fit d'ailleurs à plusieurs reprises la preuve de ses qualités de peintre (peintures murales à Saint-Sernin de Toulouse et à Saint-Pierre de La Sauve-Majeure, tableau à Javrezac en Charente la même année 1868...). Pour une raison inexpliquée, la commande de la verrière axiale du chœur et celle de l'oculus de la chapelle de la Vierge (baies 0 et 3) échappèrent à Rigaud au profit d'un autre Toulousain, Louis-Victor Gesta (du moins pour la seconde verrière, la première ne portant aucune signature). L’œuvre de Rigaud a subi quelques restaurations et repeints avant 1992 (ainsi la plupart des têtes dans l'Assomption et le Couronnement de la Vierge de la baie 1 et dans la Pentecôte et l'Ascension de la baie 2).
Le choix d'illustrer les mystères du Rosaire, certainement dicté par l'abbé Bellocq, est en rapport avec la dédicace de l'édifice à la Vierge. La confrérie du Rosaire avait été rétablie dans la paroisse le 12 septembre 1837 (R. Lamaignère, 1941), succédant à une confrérie homonyme active dès le début du XVIIIe siècle et qui était attachée dès avant 1753 à l'autel nord de l'église (visite pastorale de Mgr de Sarret de Gaujac). Chaque premier dimanche du mois avait lieu à l'intérieur de l'église, au son du chant des Litanies, une procession du Rosaire dont le cycle vitré de Rigaud devait marquer les étapes et qui s'achevait devant l'autel de la Vierge (surmonté de la Remise du rosaire à saint Dominique et du scapulaire à saint Simon Stock de L.-V. Gesta).
Détail de l'historique
Description
Les verrières des baies 1 et 2 (chœur) comportent deux lancettes à tête trilobée surmontées par trois jours de réseau : pour la première, un jour central en forme de carré posé sur la pointe et entouré de deux grands soufflets ; pour la seconde, un grand soufflet central bilobé entouré de deux mouchettes monochromes bleues. Les verrières des baies 5 à 14 (nef) sont des lancettes simples en arc brisé, celles des baies 15 et 16 (mur occidental) des roses circulaires. Les scènes figurées sont peintes dans une riche polychromie avec quelques pièces teintes dans la masse ; les soubassements ornementaux sont peints à la grisaille avec rehauts de jaune d'argent, dans l'esprit des créations de la Renaissance française.
Détail de la description
| Catégories |
vitrail |
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| Structures |
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| Dimensions |
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| Iconographie |
Précision sur l'iconographie : La lecture du cycle commence avec la verrière 5 à l'extrémité orientale du collatéral nord, se poursuit dans le collatéral d'est en ouest (mystères joyeux), puis dans le vaisseau principal d'ouest en est (mystères douloureux), avant de s'achever dans le chœur, du sud vers le nord (mystères glorieux). Participe aussi au thème du Rosaire la verrière circulaire de la baie 3 (au-dessus de l'autel de la Vierge) représentant La remise du rosaire à saint Dominique et du scapulaire à saint Simon Stock (par le verrier L.-V. Gesta). La verrière qui lui fait face à l'extrémité occidentale du collatéral (Saint Joseph et l'Enfant Jésus, baie 15), bien qu'elle ne fasse pas partie du cycle des mystères du Rosaire, évoque toutefois indirectement un épisode joyeux de l'enfance du Christ, le repos pendant la fuite en Égypte. Baie 5 : Annonciation (premier mystère joyeux). Baie 7 : Visitation (deuxième mystère joyeux). Baie 9 : Adoration des bergers (ici substituée à la Nativité, troisième mystère joyeux). Baie 11 : Présentation au Temple (quatrième mystère joyeux). Baie 13 : Jésus retrouvé au Temple (cinquième mystère joyeux). Baie 15 : Saint Joseph et l'Enfant Jésus dans un paysage lors de la fuite en Égypte (hors du cycle du Rosaire). Baie 16 : Agonie du Christ (premier mystère douloureux). Baie 14 : Flagellation du Christ (deuxième mystère douloureux). Baie 12 : Couronnement d'épines (troisième mystère douloureux). Baie 10 : Portement de croix (ici, épisode de la rencontre du Christ avec sa Mère, quatrième mystère douloureux). Baie 8 : Crucifixion (ou Calvaire, cinquième mystère douloureux). Baie 6 : Résurrection du Christ (premier mystère glorieux). Baie 2 : Ascension (deuxième mystère glorieux, lancette de droite) et Pentecôte (troisième mystère glorieux, lancette de gauche). Baie 1 : Assomption (quatrième mystère glorieux, lancette de droite) et Couronnement de la Vierge (cinquième mystère glorieux, lancette de gauche). Les verrières présentent des types d'encadrement, de soubassement et de couronnement variés, d'inspiration gothique et Renaissance. Les soubassements sont pour la plupart à motif végétal et animal en grisaille avec rehauts de jaune d'argent, les couronnements à motifs architecturaux polychromes. Les verrières se faisant face (1 et 2, 5 et 6, 7 et 8, 9 et 10, 11 et 12, 13 et 14) comportent un décor identique, la seule différence résidant dans l'inversion en contrepartie des motifs du soubassement. Baies 1 et 2 : soubassement néo-flamboyant avec arcs en accolade à feuilles de chou et deux chiens dans les écoinçons ; couronnement composé d'un arc brisé avec gâble en accolade fleuronné amorti d'une statuette dorée de prophète (?) en pied tenant un phylactère ; jour de réseau central avec deux anges tenant une guirlande de roses (baie 1) ou bouquet de roses et de lys (baie 2). Baies 5 et 6 : soubassement en forme de console à feuilles et fleurs de chardon ; encadrement composé d'une arcade brisée sur culots à figure grotesque, canidés en grisaille dans les écoinçons, couronnement à frise de feuilles de persil. Baies 7 et 8 : soubassement orné d'un chien monstrueux à ailes de chauve-souris et queue de serpent, le cou enchaîné, les ailes entourées de lierre, tenant un écusson de gueules à la pomme d'or (armoiries fantaisistes ?) ; couronnement à gâble en accolade fleuronné amorti d'une statuette dorée de prophète assis tenant un livre, sur fond damassé rouge. Baies 9 et 10 : soubassement à monstre cynomorphe contorsionné dans des ceps de vigne ; couronnement à dais flamboyant avec arc brisé, pinacles, clés pendantes et frise faîtière de trèfles, tourelle sommitale sur fond damassé rouge. Baies 11 et 12 : soubassement en forme de console à feuilles grasses avec poires dorées et félin monstrueux menaçant ; couronnement constitué d'un dais gothique à gâbles contigus fleuronnés (feuilles de chou), pinacles, tour sommitale amortie d'une statuette dorée d'ange orant agenouillé, sur fond damassé bleu. Baies 13 et 14 : soubassement en forme de console avec aigle vert aux ailes déployées dans des feuilles et fleurs de chardon ; couronnement avec arc cintré fleuronné surmonté d'un groupe doré représentant un ange debout, tenant une croix, entre deux loups (?) symbolisant les forces du mal, et deux fleurs de lys héraldiques. Baie 15 : bordure ornée d'une frise de feuilles d'acanthe rouges. Baie 16 : bordure orné d'une frise de feuilles et fleurs de chardon entremêlées de filets de perles. |
| Inscriptions et marques |
Signature : RIGAVD TOVLOVSE (baie 2, en bas de la lancette de droite) ; D. RIGAUD / 1868 Toulouse (baie 7, aux pieds de la Vierge et d’Élisabeth) ; RIGAUD de TOULOUSE INVt. (baie 8, en bas à droite de la scène, sur le tertre) ; RIGAUD / TOULOUSE INVt. (baie 10, en bas à gauche de la scène, sur le tertre) ; D. RIGAUD 1867 (baie 11, sur la marche inférieure du degré de l'autel) ; D. RIGAUD (baie 12, sur un phylactère sur le soubassement en grisaille) ; D.R. (baie 14, près du genou du bourreau à droite) ; D. RIGAUD / 1867 (baie 15, sur le rocher à droite) ; D. RIGAUD / 1867 (baie 16, sur le sol sous le genou droit du Christ). Inscription (baie 12, au-dessus de la statue impériale à l'arrière-plan) : TIBERIUS. |
| État de conservation |
Verrières 1 et 2 : presque toutes les têtes des personnages ont été repeintes avant 1992 dans un style très différent de l'original ; seules sont d'origine les têtes de l'ange en bas à droite dans l'Assomption, celles de Dieu le Père et du Christ dans le Couronnement de la Vierge, celles du Christ et de quatre apôtres au premier plan dans l'Ascension, enfin celles des six apôtres à droite dans la Pentecôte. Quelques cassures aux verrières de la nef : dans l'angle supérieur gauche de l'Adoration des bergers (baie 9), dans l'angle inférieur droit du Portement de croix (baie 10) et de Jésus retrouvé au Temple (baie 13), sur le dais sommital de la Présentation au Temple (baie 11). Un petit panneau vert remplacé au sommet de Saint Joseph et l'Enfant Jésus (baie 15). Usure de la couche picturale dans la Crucifixion (baie 8) et surtout dans l'Agonie du Christ (baie 16). |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre objet mobilier |
|---|---|
| Référence du dossier |
IM40005578 |
| Dossier réalisé par |
Maisonnave Jean-Philippe
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| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Mugron |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2014 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Ensemble de 14 verrières : Les mystères du Rosaire (baies 1 et 2, 5 à 16), Dossier réalisé par Maisonnave Jean-Philippe, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/f535343f-f997-46b5-b65c-38993f075abd |
| Titre courant |
Ensemble de 14 verrières : Les mystères du Rosaire (baies 1 et 2, 5 à 16) |
|---|---|
| Dénomination |
verrière |
| Précisions sur la dénomination |
verrières légendaires |
| Titres |
Les mystères du Rosaire |
| Statut |
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| Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Doazit
Milieu d'implantation: en village