Église paroissiale Sainte-Catherine

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Bats

La terre de Bats ou Batz, connue à partir du début du XIIIe siècle, est qualifiée de castrum dans un document de 1273 mentionnant son seigneur, Bernard de Batz. A cette date, le bourg ne possède pas d'église, le service religieux étant assuré par la paroisse de Vielle. En 1318, la fille et héritière de Bernard, Ringarde de Batz, épouse de Maurin de Doazit, obtient du pape Jean XXII l'érection de Bats en paroisse et l'autorisation de bâtir une église dédiée à sainte Catherine d'Alexandrie, remplaçant un petit oratoire placé sous le même vocable. En 1330 puis en 1354 (à titre définitif), la seigneurie passe à Raymond-Bernard II de Castelnau, chef de la principale famille féodale du Tursan, dont les descendants la conservent jusqu'en 1639, après son érection en baronnie par Louis XI en 1461.

Le plan très simple avec vaisseau unique et abside à trois pans de l'église actuelle sont probablement ceux du premier édifice construit après 1318. Comme la plupart des lieux de culte voisins, celui-ci est dévasté et "ruiné" au cours de la campagne militaire protestante du vicomte de Montclar en 1569 (procès-verbal dit "de Charles IX", octobre 1571). Cette ruine, bien que partielle, dut entraîner d'importantes restaurations (non documentées) dans les décennies suivantes. Toutefois, l'évêque Sarret de Gaujac, lors de visite d'octobre 1752, trouve un édifice en piètre état, simplement lambrissé et au pavé disjoint. La nef unique, sans chapelles latérales, n'est percée d'aucune ouverture. Une sacristie est ménagée au fond du chœur, derrière une cloison percée de deux portes de part et d'autre de l'autel. Seul le clocher est "en état", avec "une cloche bonne".

L'église, érigée en succursale en 1842, n'acquiert cependant son aspect actuel que dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du siècle suivant. Un clocher-tour (remplaçant probablement un clocher-mur à arcades) est construit et "trois croisées" sont établies en 1863 par l'entrepreneur batsois Pierre Dunoyé (1817-1879) sur un projet de Pierre Lafargue (1816-1886), "architecte" et agent voyer à Geaune - la flèche du clocher est refaite en 1875 après une tempête de grêle. Une petite chapelle de la Vierge est ajoutée en 1871 sur le flanc gauche de la nef à l'initiative du curé Joseph Lacroix (nécrologie dans la Petite revue catholique du diocèse d'Aire et de Dax, 1872, p. 36). Enfin, l'église fait l'objet en 1900-1902, sur commande du curé Hilaire Labat, d'une réfection d'ensemble, équivalant à une reconstruction, par l'entrepreneur François Lafitte, d'Urgons, sur des plans du géomètre et "architecte" Jean Bancons, de Vielle-Tursan. Seules sont conservées les parties les plus récentes, le clocher, la chapelle de la Vierge et la sacristie (celle-ci, non documentée, n'est pas figurée sur le plan cadastral de 1827). La nef et le chœur, dont les murs sont "pourris à la base" et le plafond en partie effondré depuis 1896, sont reconstruits à neuf et couverts d'un voûtement d'ogives en briques (remplaçant le plafond initialement prévu). Le coût total des travaux achevés s'élève à 10.896,27 francs (décompte du 30 novembre 1902). Les fenêtres sont dotées en 1902-1903 de verrières par le Toulousain Louis Saint-Blancat grâce à des dons de particuliers. En 1907, le cimetière qui jouxtait l'église à l'est et au nord est supprimé et déplacé à l'entrée nord du bourg. En 1976, l'intérieur de l'édifice est entièrement rénové (décapage total des enduits, laissant le moellon apparent) par les architectes Blanquet et Dépruneaux à l'initiative de l'abbé Joseph Lavigne (inscription sur le piédroit de gauche de la porte d'entrée : "Dutoya R. maire, Lavigne J. curé, Lafitte Ch. Maçon, Desmouliès M. peintre").

Périodes

Principale : 1er quart 14e siècle (détruit)

Secondaire : 1ère moitié 17e siècle (incertitude)

Secondaire : 3e quart 19e siècle

Principale : 1er quart 20e siècle

Dates

1318, daté par source

1863, porte la date

1871, daté par source

1902, daté par source

Auteurs Auteur : Lafargue Pierre

Agent voyer du 2e arrondissement des Landes, en poste à Geaune de 1843 à 1879 (de première classe lors de sa dernière année d'activité) ; qualifié d'architecte lors de ses travaux à l'église de Bats en 1863. Né à Vielle-Tursan le 11 août 1816 et mort à Geaune le 11 mai 1886 ; fils de Jean Lafargue, forgeron à Buanes, et de Catherine Saint-Genès ; marié à Geaune, le 13 juin 1844, avec Josèphe dite Zélia Barongotte (Geaune, 9 juin 1821 - Geaune, 1er juillet 1908), fille de Jean Barongotte et de Josèphe Dupouy, dont il eut une fille, Marie Catherine Elvina (née à Buanes le 6 janvier 1846). Lafargue est qualifié d'"agent-voyer en retraite" dans l'acte de son décès.

, agent voyer (attribution par source)
Auteur : Bancons Jean Lucien

Bancons (nom parfois lu, à tort, Bancous ou Baucous), architecte domicilié à Vielle-Tursan (Landes) au tournant des XIXe et XXe siècles. Jean dit Lucien Bancons "fils", "expert-géomètre", né à Vielle-Tursan le 27 octobre 1847 et mort dans la même commune le 7 mai 1919, fils de Pierre Bancons (1824-1892) et Marie Brèthes (1825-1880), épousa à Vielle-Tursan, le 27 janvier 1879, Luce Lagüe ou Lagu (Vielle-Tursan, 17 mai 1863 - après 1919), fille de Jean Lagüe, cultivateur, et de Jeanne Lafargue. Le couple eut au moins deux enfants : Jeanne Esther Marthe (1881), épouse en 1904 de l'entrepreneur de charpenterie Jean Paul Capdeville ; Jean Louis (1886). Source : Geneanet (https://gw.geneanet.org/epalengat?n=bancons&oc=20&p=jean).

Jean Lucien Bancons travaille en 1882-1886 à l'église de Sarraziet (canton de Saint-Sever), construit en 1887-1892 le clocher de l'église de Monget (canton d'Hagetmau), restaure en 1890-1891 l'église de Bahus-Soubiran (canton d'Aire), puis celle de Classun en 1896 et celle de Bats (canton de Geaune) en 1902, répare en 1902-1903 le clocher de Fargues (canton de Saint-Sever). Il travailla aussi comme expert auprès de la préfecture des Landes, donnant par exemple un rapport sur l'état de l'église de Dumes en 1883.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Dunoyé / Dunogué Pierre

Pierre Dunoyé ou Dunogué (acte de décès), entrepreneur en maçonnerie dans la seconde moitié du XIXe siècle ; construit le clocher de l'église de Bats (Landes) en 1863. Né à Bats le 5 mai 1817, mort au même lieu le 5 mai 1879, fils de Pierre Dunoyé (Dunogué) et de Jeanne Lamaignère ; marié à Bats le 23 novembre 1842 à Catherine Piets (1816-1892), cousine, par sa mère Marie Bancons, de l'architecte Jean (Lucien) Bancons, qui restaura l'église de Bats en 1902. Source : geneanet (https://gw.geneanet.org/larquierp?n=dunoye&oc=2&p=pierre).

, entrepreneur (attribution par source)
Auteur : Lafitte François

Entrepreneur à Urgons (Landes) dans la seconde moitié du XIXe siècle.

, entrepreneur (attribution par source)

L'édifice, non orienté (dirigé nord / sud), se compose d'une seule nef de trois travées barlongues prolongée par une travée droite de chœur (flanquée d'une sacristie rectangulaire à gauche) et par une abside à pans coupés de même largeur. La dernière travée de la nef ouvre à gauche, par une arcade de brique en plein cintre, sur une petite chapelle carrée voûtée d'une croisée d'ogives. D'autres voûtes d'ogives, retombant sur des colonnes adossées à chapiteau feuillagé, couvrent la nef, la travée de chœur et l'abside. Les murs sont percés régulièrement de hautes baies en arc brisé. Le massif antérieur est constitué d'un clocher-tour carré dans œuvre, à trois niveaux, coiffé d'une flèche hexagonale et flanqué, à gauche, d'un tour d'escalier, à droite, d'une réserve (sans doute un ancien réduit baptismal). Les murs sont entièrement en moellon irrégulier de calcaire et de grès, enduit à l'extérieur, et en galets hourdés décapés à l'intérieur (depuis 1976). La couverture est en tuiles creuses, à l'exception de celle de la flèche du clocher, en ardoise.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

  2. Matériau du gros oeuvre : grès

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

  3. Matériau du gros oeuvre : schiste

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

Toits
  1. tuile creuse mécanique, ardoise
Plans

plan allongé

Étages

1 vaisseau

Couvrements
  1. voûte d'ogives
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe polygonale

  2. Forme de la couverture : flèche polygonale

Décors/Technique
  1. vitrail (étudié)
  2. sculpture
Décors/Représentation
  1. Representations : feuille, trèfle


Précision sur la représentation :

Crochets feuillagés et feuilles de trèfle sur les chapiteaux néoromans de la nef et du chœur.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Bats , route de Vielle-Tursan

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2017 B 396

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