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Pont de la Manufacture, aujourd'hui pont Camille de Hogues
France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Châtellerault
Historique
L'idée de construire un franchissement sur la Vienne, en amont du pont Henri IV émerge dans les délibérations municipales en 1887 ; l'objectif étant de relier la manufacture aux quartiers sud de la rive droite. Le projet de départ consiste en une passerelle pour piétons. Ce premier projet échoue faute de ressources suffisantes de la ville. Un second projet, en 1892-1893, est abandonné pour les mêmes raisons. L'historique de la construction du pont a été bien étudiée par Françoise Metzger dans un article publié dans la Revue d'Histoire du Pays Châtelleraudais en 2013. Pour un historique détaillé, se reporter au dossier de protection au titre des Monuments historiques (2002). Plans aux Archives communautaires de Châtellerault.
Le pont, piétonnier et routier, a finalement été construit en 1899 sous l'impulsion du maire Camille de Hogues, sur décision du conseil municipal (DM 17 février 1897). La construction de ce pont a été sollicitée par le directeur de la manufacture d'armes dans l'objectif d'améliorer l'approvisionnement du site, de faire intervenir les troupes logées dans la caserne de Laage en cas de troubles et de permettre le développement d'un nouveau quartier ouvrier rive droite.
L'architecte de la ville Alexandre Couty a refusé de prendre en charge le pilotage du projet et c'est Pierre Antin, ingénieur des Ponts et Chaussées qui en pris la responsabilité, sous condition de recevoir des honoraires correspondant à 5% du devis. Un concours a été lancé pour attribuer le marché de construction du pont. Deux candidatures ont été reçues et la société des Bétons Armés Hennebique emporte le concours le 1er juillet 1898, avec une construction forfaitaire proposée à 175 000 francs. Le projet a été majoritairement financé par un emprunt fait par la ville (117255, 16 francs), à cela s'ajoutent une subvention du ministère de la guerre, de 10 000 francs (accordée en mars 1899) et des souscriptions. Les travaux ont débuté en août 1899, sous la conduite de l'ingénieur Puylagarde.
L'entreprise Martin et Pau est retenue pour mener les travaux. Les cintres, les batardeaux des piles et les fouilles sont achevés en août 1899 ; le bétonnage de la chaussée commence dès le 15 août. Le gros œuvre était achevé le 5 novembre 1899 ; les cintres ont été retirés le 15 décembre suivant. De nombreux essais ont ensuite été réalisés entre le 29 mars et le 5 avril 1900 : épreuves par poids morts puis épreuves par poids vivants. Le pont est mis ouvert aux piétons le 14 avril 1900. Une ultime épreuve par des poids roulants est réalisée le 22 août 1900, suivie d'une épreuve de défilé au pas cadencé de 250 soldats d'infanterie. Le pont est mis en circulation le 1er septembre 1900.
Des défauts sont repérés en 1902 sur la chaussée en ciment, entraînant une réfection par l'entrepreneur Chapelle à Poitiers. Les travaux sont définitivement réceptionnés le 22 juin 1903.
De nouvelles usures anormales de la chaussée sont constatées en 1905 et 0909. La chaussée est entièrement reprise à l'automne 1910.
Ce litige sur les malfaçons entraîne une plainte de la ville et de nombreux recours entre 1901 et 1911 ; le conseil de la préfecture (équivalent de l'actuel tribunal administratif) condamne la société Hennique au paiement des travaux de réfection.
En 1919, le pont a reçu l'appellation Camille de Hogues, ancien pharmacien et maire de Châtellerault de 1896 à 1904, après avoir été dénommé " pont Neuf " puis " pont de la Manufacture " (16 novembre 1900).
Des travaux de consolidation sont effectués en 1931-1932 (construction de ceintures de têtes de pile) puis en 1935-1936 (protection des culées).
Le pont a été classé aux Monuments Historiques en 2002. Des travaux de restauration ont été menés entre 2004 et 2009.
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : 4e quart 19e siècle |
|---|---|
| Dates |
1899, daté par source |
| Auteurs |
Auteur :
Hennebique François François Hennebique est né en 1842 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) et est mort à Paris en 1921. En 1892, les premiers brevets de bétons armés du système Hennebique, sont déposés et marquent un jalon important dans la généralisation du béton armé. François Hennebique, maçon et entrepreneur, a développé des éléments modulaires en métal et béton qui ont permis de réduire les temps de construction. En 1898, Hennebique construit le premier immeuble en béton armé, 1 rue Danton à Paris, et en fait le siège de son entreprise. Son activité est exponentielle : 6 réalisations en 1892, 473 en 1898, 1501 en 1902... Il est alors à la tête d'une entreprise internationale avec des agences en Europe mais aussi aux Etats-Unis. Le pont Camille de Hogues à Châtellerault a été construit en 1899 grâce au procédé Hennebique. Auteur : Puylagarde, ingénieur des Ponts et Chaussées (attribution par source) Auteur : Antin [Gabriel] Pierre Polytechnicien, né en 1861 à Bordeaux. Ingénieur ordinaire des Ponts-et-Chaussées à Poitiers en 1886 ; intervient sur la Gartempe et la Vienne en 1888-1897 ; assure la surveillance de la construction du pont Camille de Hogues à Chatellerault (Vienne) en 1898-1899 ; ingénieur en chef de la Corrèze en 1912 puis de la Vienne en 1913. Retraité en 1921. Dossier individuel des Ponts-et-Chaussées : Archives nationales, F/14/11512 Auteur : Martin et Pau Entreprise de maçonnerie retenue pour la construction du pont Camille de Hogues à Chatellerault (Vienne). |
Description
Le pont a été réalisé entièrement (fondations, piles, voûtes et tablier) en béton armé avec de faux joints tracés dans le béton. Le tablier du pont est long de 144 m et large de 8 m. Il est composé de trois arches : l'arche centrale est plus large et plus haute (50 x 4,80 m) que les deux autres (40 x 4 m). Les avant et arrière-becs des piles sont semi-circulaires. Les arches sont renforcées par trois nervures séparées de 1,9 m.
Techniquement, la construction du pont en béton armé constitue une avancée majeure dans le domaine (il est resté le plus grand pont entièrement construit en béton armé jusqu'à la construction du pont du Risorgimento à Rome en 1911), toutefois il garde formellement une apparence plutôt traditionnelle : imitation de la pierre de taille et forme générale proche de celle des ponts métalliques. Ainsi, le sommet des piles porte un décor avec corbeau, cannelures et gouttes.
Détail de la description
| Murs |
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| Toits |
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| Décors/Technique |
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| Dimensions |
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Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA86013977 |
| Dossier réalisé par |
Lafont Marie
Chargée de l'Inventaire du patrimoine à Grand Châtellerault Dujardin Véronique Chercheur, service Patrimoine et Inventaire |
| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2025 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault |
| Citer ce contenu |
Pont de la Manufacture, aujourd'hui pont Camille de Hogues, Dossier réalisé par Lafont Marie, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/17f824f4-cfbf-4d64-af3c-9affbd5c1168 |
| Titre courant |
Pont de la Manufacture, aujourd'hui pont Camille de Hogues |
|---|---|
| Dénomination |
pont |
| Appellation |
de la Manufacture Camille de Hogues |
| Statut |
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|---|---|
| Protection |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Châtellerault
Milieu d'implantation: en ville
Cadastre: 2023 DI, 2023 CX