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Logis de Migré, actuellement Maison
France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Migré
Historique
L’histoire de la terre de Migré semble se confondre au Moyen Age avec celle de Surgères. En 1394, Isabeau de Surgères hérite de la seigneurie de Migré qu’elle apporte à son mari et cousin Joachim de Clermont. Après la mort sans héritier de leur fils, Antoine de Clermont, la terre revient à sa sœur Marie, mariée en 1438 à Guillaume de Cousdun. Vendue par les Cousdun avant 1519, la seigneurie est rachetée par Bonaventure de Polignac. Attribuée à sa petite-fille, Louise de Polignac, morte sans postérité, la seigneurie revient à la sœur de cette dernière, Anne, puis à son fils, Jean, mort également sans postérité vers 1630. En 1631, les héritiers de Jean vendent le château à Jean-Louis de Brémond, marquis d’Ars, qui le transmet ensuite à sa fille Louise, mariée en 1654 avec Isaac d’Abzac, premier chambellan de Gaston d’Orléans. C'est probablement lui qui fait élever le château vers 1660. Cette construction est attribuée, par Frédéric Chasseboeuf, à l'architecte François Leduc dit Toscane. L'édifice se serait présenté comme une réduction de la Ferté-Gilbert, à Reuilly dans l’Indre.
Un dessin du 18e siècle et trois procès-verbaux dressés en 1766, 1775 et 1784, permettent de se faire une idée du château tel qu’il était, avant qu’il ne soit transformé en une simple maison de maître au cours du 19e siècle. Établi sur un terre-plein entouré de douves, l’édifice était précédé d’une avant-cour et de dépendances. Après avoir franchi un pont à trois arches, on découvrait un corps de logis rectangulaire à étage. Il était coiffé d’une toiture couverte d’ardoises, ponctuées par une série de lucarnes couronnées, en alternance, de frontons triangulaires ou en arc segmentaire. Sa façade arrière était flanquée de deux tours cylindriques chapeautées par un dôme, alors que sa face avant était prolongée de deux courtes ailes en retour d’équerre, elles-mêmes flanquées de deux tours cylindriques. Ces ailes englobaient, au rez-de-chaussée, une galerie à trois arches. Les procès-verbaux révèlent que le château de Migré renfermait plusieurs pièces généreusement décorées de lambris, de toiles et de plafonds peints. Il était également desservi par un escalier à balustres axial. Ces mêmes procès-verbaux montrent aussi qu’il avait perdu avant 1774, à la faveur d’un remaniement récent, l’une de ses deux ailes ainsi que les tours du front est.
En 1789, Antoine-Louis, comte d’Abzac de Mayac, marquis de Migré, fait le choix de l’émigration, si bien que son château est saisi puis vendu comme bien national en l’an II (1793-1794) à un cultivateur, Pierre Doignon.
Aujourd’hui, outre le dessin et les documents d’archives, seules quelques baies et l’imposante porte d’entrée à fronton triangulaire rappellent le souvenir de ce château du 17e siècle qui semble transformé dès avant la levée du plan cadastral de 1838.
Description
Le logis de Migré, établi au sud du bourg dans une cour fermée, se compose d’un corps d’habitation et de dépendances. L’ensemble est encerclé par des douves alimentées par la Trézence.
Le corps de logis, à un étage carré, comble à surcroît et toit à croupes, dispose d’une double orientation nord-sud. La façade sur cour, orientée au nord, comprend trois travées d’ouvertures aux encadrements harpés en pierre de taille. Les linteaux de l’étage et du comble sont à plate-bande, tandis que ceux du rez-de-chaussée sont à hauts claveaux. Une corniche ornée d'une frise composée de demi-cercles et de ronds coiffe la façade comprise entre des pilastres d’angle. Deux bandeaux d’appui délimitent les niveaux d’élévation. Le traitement monumental de la porte au centre de la façade se distingue de la facture du reste de l'édifice. Traitée en avant-corps la porte s'ouvre entre deux pilastres à bossage en table. Le fronton, sommé d’une corbeille de fruits, est doté d’une agrafe sculptée d’un décor végétal.
La façade sur jardin, orientée au sud et ornée d’une corniche à modillons, comprend trois travées d’ouvertures aux encadrements harpés en pierre de taille comme les chaînages d’angle. Deux bandeaux d’appui séparent à nouveau les différents niveaux d’élévation.
De part et d’autre du logis se trouvent deux pavillons à un étage carré couverts de toits à croupe unique. Les dépendances comprennent, entre autres, un hangar qui abrite un four.
À l’entrée de la propriété se situe un pont qui enjambe les anciennes douves encore visibles aujourd’hui. Composé de trois arches, il est construit en moellon.
Détail de la description
Murs |
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Toits |
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Étages |
rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît |
Élévations extérieures |
élévation à travées |
Couvertures |
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Escaliers |
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État de conservation |
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Décors/Technique |
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Décors/Représentation |
Précision sur la représentation : Frise composée de figures géométriques, au sommet de la façade du corps de logis. Porte de ce corps sculptée d'une corbeille à fruits et d'un motif végétal. |
Informations complémentaires
Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
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Référence du dossier |
IA17006672 |
Dossier réalisé par |
Simaillaud Daniel
Charruyer Océane |
Cadre d'étude |
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Aire d'étude |
Vals de Saintonge Communauté |
Phase |
repéré |
Date d'enquête |
2001 |
Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Vals de Saintonge Communauté |
Citer ce contenu |
Logis de Migré, actuellement Maison, Dossier réalisé par Simaillaud Daniel, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Vals de Saintonge Communauté, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/29c8ee29-e99f-4a4f-9a1c-ca0945b9022a |
Titre courant |
Logis de Migré, actuellement Maison |
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Dénomination |
logis |
Parties constituantes non étudiées |
logement cour |
Statut |
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Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Migré , impasse du Logis
Milieu d'implantation: en village
Cadastre: 1838 D2 237, 238, 239, 240, 241 , 2017 OD 863, 864, 865