Port de Port-la-Pierre
France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Saint-Vaize
Historique
Le nom de ce port évoque sa vocation au chargement des pierres extraites des carrières voisines. Ce nom s'est étendu au petit écart qui s'est formé à l'arrière du port, le long de la route reliant Taillebourg à Saint-Vaize. Les carrières ayant été exploitées dès l'Antiquité, il est probable que les pierres ont été transportées par voie d'eau dès cette époque depuis ce lieu.
La pierre, extraite dans les falaises proches du port et connue sous le nom de "pierre de Taillebourg", fait l'objet de nombreux marchés au 15e siècle ; elle est transportée par voie fluviale vers l'amont et surtout vers l'aval, jusqu'à La Rochelle et même Bordeaux.
La carte du cours de la Charente datée de 1689 n'indique pas le port, mais des carrières à Saint-Vaize. En revanche, celle de Claude Masse du "49e quaré de la généralle des costes du Bas-Poitou, païs d'Aunis et Saintonge", levée en 1718, mentionne à la fois les carrières et le port. Christian Barbier, dans son étude sur Saint-Vaize à la veille de la Révolution, fondée sur les registres paroissiaux, qualifie Port-la-Pierre de centre économique de la commune.
Dans les rôles d'armement du quartier de Saintes en 1763 se trouve celui de la barque l'Espérance du port de Saint-Vaize de 39 tonneaux, appartenant au sieur Allenet de Saint-Vaize, armée à Saintes et commandée par Saturnin Hyonnet du Port-d'Envaux, assisté de deux matelots de Saint-Sorlin et de Crazannes et d'un mousse apparenté au propriétaire. Cette embarcation assure le transport de fagots et de pierre vers La Rochelle. Le sieur Allenet possède une autre barque de 39 tonneaux, appelée le François Alexandre, qui effectue les mêmes transports que le précédent.
Au 19e siècle, le terrain appartient à la commune, qui procède, en 1872, à l'adjudication du fermage "des port ou cales d'embarquement au lieu-dit Port-la-Pierre". Trente-deux carriers sont alors adjudicataires de parcelles de 2 à 20 mètres (deux parcelles seulement mesurent plus de 10 mètres). La commune continue de jouir du reste du terrain en front de fleuve.
Dans les années 1880, entre plusieurs lieux sur les communes de Bussac, Port-d'Envaux et Saint-Vaize, et sur des demandes réitérées de la part de la municipalité de Saint-Vaize, l'Administration choisit le Port-la-Pierre pour aménager un mur de quai afin de faciliter l'expédition des pierres. Les travaux sont différés et, en 1891, trois appontements en bois, distants de 40 mètres d'axe en axe, sont projetés "vis à vis un terrain appartenant à la commune de Saint-Vaize, et qui sert de lieu de dépôt pour les matériaux de construction destinés à être embarqués". Face au refus de ces appontements par la municipalité de Saint-Vaize, qui invoque la forte déclivité du terrain rendant difficile la manutention des matériaux, un mur de 110 mètres de longueur est construit par le service des Ponts et Chaussées en 1893. Pour ce faire, le terrain situé entre ce mur et la route départementale est donné par la commune de Saint-Vaize à l'Etat, à la condition que "tous les habitants de la commune pourront, au même titre que les étrangers, user de la faculté de disposer gratuitement de ce quai pour y charger, décharger ou déposer des marchandises". Gédéon Marchat, entrepreneur de travaux publics à Saintes, est l'adjudicataire des travaux de construction, réalisés sous le contrôle de l'ingénieur Modelski. Le mur est établi au nord et dans le prolongement d'un quai construit pour M. Berton vers 1840.
L'ouverture des voies ferrées, de Rochefort à Angoulême en 1867, et de Saint-Jean-d'Angély à Saintes en 1911, facilite l'expédition des bois de chauffage et des pierres, notamment des carrières du Douhet traversé par la seconde. Peu à peu, les carrières de Saint-Vaize et du Douhet sont abandonnées et le transport fluvial de pierre cesse. La bonne accessibilité du port entraîne l'installation de l'usine "Comptoir des minéraux et matières premières", de l'autre côté de la route, dans une partie de bâtiments précédemment occupés par une caséinerie. En 1940, un débarcadère surélevé pour le passage d'une voie Decauville est installé pour servir à l'approvisionnement en minéraux de cette usine, alors en construction, sur la demande de M. Bourcier, son directeur. Puis, deux bassin en ciment, destinés au lavage des genêts, sont aménagés sur le terre-plein dans la partie est du port, en 1946. A la même époque, d'autres murs de soutènement sont bâtis pour ménager une partie plane large de 5 mètres à l'arrière du mur de quai, au sud de l'embarcadère. L'usine, à l'étroit entre la voie ferrée et la route départementale, s'étend sur le port grâce à une autorisation d'occupation temporaire du domaine public ; un bâtiment de vestiaire est ainsi édifié en 1948 dans la partie sud du port, le long de la route.
La fermeture de l'usine au début des années 1950 et le déclassement de la voie d'eau en 1957 provoquent l'abandon progressif du port.
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : Temps modernes, 19e siècle, 20e siècle |
|---|---|
| Dates |
1893, daté par source |
| Auteurs |
Auteur :
Marchat Gédéon , entrepreneur (attribution par source) Auteur : Modelski, |
Description
Le port de Port-la-Pierre se situe sur la rive droite de la Charente, au nord-ouest de la commune de Saint-Vaize. Très peu large, il est limité à l'ouest par le fleuve et à l'est par la route départementale 114, qui relie Saint-Savinien à Saintes.
Derrière le mur de quai, long de 110 mètres et construit en pierre de taille équarrie, le terrain enherbé est très pentu, sauf dans la partie centrale aplanie sur une largeur de 5 mètres.
Dans la partie nord, l'appontement en béton armé est établi sur le talus de la berge, sur une longueur de 30 mètres et une largeur de 2,60 mètres. Dans la partie haute du terrain maintenue par un mur de soutènement, les murs en ciment de six bassins de rouissage subsistent. Un escalier en pierre relie le quai à la partie haute. Au sud, un bâtiment en rez-de-chaussée, qui servait de vestiaire à l'usine, est en parpaing de béton et couvert d'un toit en appentis.
Détail de la description
| Murs |
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|---|---|
| Toits |
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| Étages |
en rez-de-chaussée |
| Couvertures |
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| Escaliers |
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Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA17051055 |
| Dossier réalisé par |
Moisdon Pascale
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| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Vallée de la Charente |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2019 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Port de Port-la-Pierre, Dossier réalisé par Moisdon Pascale, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/49cbbb12-1954-482f-a654-a0a8f6d3ff33 |
| Titre courant |
Port de Port-la-Pierre |
|---|---|
| Dénomination |
port |
| Appellation |
Port la Pierre |
| Statut |
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|---|
Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Saint-Vaize
Milieu d'implantation: isolé
Lieu-dit/quartier: Port-la-Pierre