Tableau : Résurrection

France > Nouvelle-Aquitaine > Pyrénées-Atlantiques > Pau

Ce tableau fut commandé par l'État en 1842 (pour 4.000 francs) et peint l'année suivante pour l'église Saint-Martin de Pau par Eugène Devéria (1805-1865), installé dans la capitale béarnaise depuis 1841 pour raison de santé. L’exécution de la toile coïncide avec une période de crise spirituelle de l'artiste qui aboutit à sa conversion au protestantisme en cette même année 1843. Cette œuvre monumentale, la seule de quelque importance réalisée par le peintre pour une église paloise, constitue une variation libre d'après une composition antérieure : la cinquième toile d'un cycle de la Vie du Christ peint en 1835 pour l'église Saint-Léonard de Fougères (aujourd’hui déposé à la chapelle du couvent des clarisses urbanistes de la même ville), dont le musée des beaux-arts de Pau conserve depuis 2005 une série de réductions autographes. Le tableau de Saint-Martin en reprend l'économie générale, les figures du Christ et de l'ange - le premier est une citation quasi textuelle - et le principe des grandes figures de soldats cadrées à mi-jambe et placées en repoussoir à l'avant-scène. L'atmosphère puissamment romantique du tableau de Fougères, sensible notamment dans le nu orientalisant du gardien maure au premier plan, s'assagit toutefois dans la toile paloise, relevant d'une veine plus classique qui correspond à l'inflexion du style de Devéria après son abandon de la scène artistique parisienne.

La Résurrection de Saint-Martin fut exposée au Salon parisien de 1844, apparemment sans grand succès si l'on en croit le jugement lapidaire de Théophile Thoré, qui notait à propos du tableau d'Eugène et du Saint Michel de son frère Achille : "il n'y a pas de quoi devenir catholique, à voir ces drôles de fantasmagories." (Le Salon de 1844, p. 99) Théophile Gautier ne fut pas plus élogieux : "Cette toile nous a fait éprouver un sentiment douloureux. Eh quoi ! cette composition insignifiante, ces figures sans caractère, sans style, ces formes banales, remplies de tons fades, plâtreux, c'est tout ce qui nous reste d'Eugène Devéria ?" (La Presse, 28 mars 1844).

Périodes

Principale : 2e quart 19e siècle

Dates

1843, porte la date

Auteurs Auteur : Devéria Eugène

Eugène François Marie Joseph Devéria, né à Paris le 22 avril 1805, mort à Pau le 3 février 1865. Élève de son frère Achille (1800-1857), puis de Girodet et de Guillon Lethière.

, peintre (signature)
Lieux d'exécution

lieu d'exécution

Toile rectangulaire verticale en plusieurs lés, clouée sur la rive d'un châssis en croix (?) ; cadre en bois mouluré simple, doré à la mixtion.

Catégories

peinture

Structures
  1. , rectangulaire vertical
Matériaux
  1. Matériau principal : toile

    Mise en oeuvre : en plusieurs lés

    Techniques : peinture à l'huile

  2. Matériau principal : bois

    Techniques : mouluré, doré à la feuille d'or à l'huile

Iconographie
  1. Caractère général : scène biblique

    Thèmes : Résurrection du Christ, ange, soldat, peur, étonnement, homme, vieillesse, réflexion, tombeau


Précision sur l'iconographie :

Le Christ glorieux, encore enveloppé à demi dans son linceul, jaillit du tombeau dont un ange a soulevé la dalle ; trois soldats à ses pieds marquent leur étonnement et leur frayeur par des gestes emphatiques, tandis qu'un vieillard enturbanné (Joseph d'Arimathie, pourtant absent de la scène ?), assis au premier plan à gauche, semble méditer l'événement.

Inscriptions et marques
  • signature
  • date

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Pyrénées-Atlantiques , Pau , rue Henri-IV

Milieu d'implantation: en ville

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