0 avis
Présentation de la commune de Savigny-sous-Faye
France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Savigny-sous-Faye
Historique
Occupation humaine
Dans sa grande majorité, le patrimoine actuellement conservé à Savigny-sous-Faye témoigne de l’occupation de la commune à partir du 19e siècle. Cependant, grâce à l'archéologie, nous savons que le territoire a été investi dès la Préhistoire : une occupation humaine au Néolithique a pu être identifiée à Rimort. Par ailleurs, deux enclos datés respectivement de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer ont été découverts à la Fuye et sur la route qui relie le bourg à Cezay.
Des fouilles menées sur l’actuelle place de l’église ont mis au jour les ruines d’un bâtiment gallo-romain. La fonction de cet édifice n’a pas pu être déterminée mais l’occupation à l’époque gallo-romaine est bien attestée sur le territoire de la commune. En effet, plusieurs villae ont été repérées par prospection aérienne dans les années 1990. Cela n’est pas étonnant puisque, dans l’ensemble du département de la Vienne presque aucune zone n’est restée vierge d’implantations humaines lors de l’époque romaine.
Dès le Haut Moyen Âge, un cimetière existe à Savigny. Il se situait sur l’actuelle place de l’église, au nord de celle-ci. Le cimetière a été déplacé à l’entrée du bourg, sur la route de Lencloître, à une date inconnue. Les fouilles qui ont été menées dans le premier cimetière ont livré de nombreuses tombes de l’époque mérovingienne, pour certaines dotées d’un riche mobilier. Toutefois, la majorité des sépultures, en pleine terre ou dans des coffres de bois, étaient plus modestes.
La présence d’un prieuré et de son église érigée au début du 12e siècle entérine l’existence de ce regroupement de population. Aucun autre témoin matériel de cette époque n’a pu être identifié sur la commune. Les plus anciens vestiges recensés dans l’habitat du village datent des 15e -16e siècles. Ces éléments restent très peu nombreux, de même que les éléments nous permettant de documenter les 17e et 18e siècles.
Dans la région, la population a connu une hausse démographique de plus de 25% entre 1801 et 1851 et a continué de croître jusque dans les années 1890, ce dont témoigne bien l’architecture observée à Savigny, relevant en grande majorité de réaménagements dans le courant du 19e siècle.
L'habitat : quelques témoins des constructions antérieures au 19e siècle
Les bâtiments du bourg comme des hameaux ont été en grande majorité construits au 19e siècle. Cependant, la toponymie et des éléments distinctifs épars témoignent de constructions plus anciennes. Les textes mentionnent des seigneuries à la Fuye, Cezay, la Plaine aux 17e et 18e siècles.
A Soudun et la Fuye, deux constructions conservant des éléments des 15e -16e siècles sont désignés « châteaux » sur les documents cartographiques anciens, la carte de Cassini (seconde moitié 18e siècle) et le cadastre ancien (établi en 1826). Ces deux demeures conservent des vestiges de fortification, attestant l’importance et la richesse des propriétaires. A Soudun, une courtine encadrée par deux tours circulaires percées d’embrasures de tir est encore en élévation.
A Cezay, une grande ferme largement remaniée au 19e siècle conserve un monumental pigeonnier carré, doté de 936 trous de boulin, datant du 18e siècleu qui témoigne d'un habitat privilégié. Bien que le gros-œuvre ait été chaque fois largement repris, la présence de baies couvertes en accolades, de croisées ou demi-croisées et de cheminées caractéristiques de cette période de transition entre Moyen Âge et Renaissance atteste l’ancienneté des édifices.
Malheureusement, si ces éléments sont les témoins de l’existence d’un pouvoir local qui s’affirme par l’architecture, les sources écrites sont lacunaires et ne renseignent pas directement ces lieux.
L’habitat vernaculaire aux 19e et 20e siècles
A Savigny, comme dans les autres communes du Châtelleraudais, la très large majorité des bâtiments sont postérieurs au 19e siècle et relèvent de l’architecture vernaculaire. Cependant, à l’inverse des autres communes du Lencloîtrais, très peu de constructions datent des 20e-21e siècles.
Au 19e siècle, la population rurale a connu un enrichissement général qui s’est traduit par la construction ou reconstruction de nombreuses fermes et maisons du bourg. Ce phénomène est bien renseigné par les matrices cadastrales de la commune qui existent à partir de 1826.
Les châteaux construits ex-nihilo au milieu du 19e siècle
Au milieu du 19e siècle, deux châteaux ont été construits ex-nihilo.
En 1855, le château de la Plaine a été commandé par Ernest Lafond. Nous ne savons rien de ce personnage ni des raisons de la construction de ce château.
En 1861, Moïse-Emile de Cougny (1822-1875) fait édifier un important château qu’il complète en 1867, d’un logement pour le cocher, d’une maison pour le concierge et d’une ferme. L'architecte de l’ensemble demeure inconnu.
Les bâtiments publics
Le village était doté de plusieurs commerces et bâtiments publics qui ont tous, à l’exception de la mairie-école, été réaffectés en logements. En 1904, le village disposait de deux boulangers, d’un vendeur de légumes et de poissons et de six épiciers (cinq dans le bourg et un à Cezay). Par ailleurs, deux hôtels étaient implantés : l’hôtel des Voyageurs dans le hameau de la gare et l’hôtel du Commerce dans le bourg. On comptait deux cafés dans le bourg et deux débits de boisson, l’un à Cezay et l’autre à Soudun.
Plusieurs bâtiments publics ont été édifiés entre la seconde moitié du 19e et le début du 20e siècle. La mairie-école a été construite en 1865 par l’architecte Gallois. Une seconde école a été mise en place au 19e siècle : il s’agit d’une école libre de filles dont la construction, en 1877, a été financée par la famille de Cougny. Transformée en maison, en 1954, peu avant sa fermeture, il y avait 17 filles scolarisées. Enfin, le dernier bâtiment public que comptait le bourg était un bureau de poste. Celui-ci a été élevé par l’architecte Montagne et l’entrepreneur-adjudicataire Grospaud, en 1913, date à laquelle il a été décidé d’étendre la ligne téléphonique jusqu’à Savigny.
Le passage du chemin de fer à Savigny
La ligne de chemin de fer qui traversait Savigny est celle qui reliait Châtellerault à Loudun. Cette ligne, dite d’intérêt général, avait été ouverte en 1886. Elle a fermé aux voyageurs dès 1946 mais a continué de fonctionner pour le transport de marchandises jusqu’en 1985. Depuis 2001, la voie ferrée a été transformée en ligne verte.
A Savigny, l’ancien quartier de la gare est bien préservé – même si l’ensemble des bâtiments a changé de fonction pour n'accueillir plus que des habitations. Avant l’arrivée du chemin de fer, les parcelles du quartier étaient occupées par des terrains agricoles et donc vierges d’habitations. Sur la totalité de la ligne Loudun-Châtellerault, pour aménager la ligne et construire les bâtiments nécessaires à la desserte du chemin de fer, 924 actes de vente ont été conclus à l’amiable.
Même si le trafic de voyageurs était plus limité que le commerce de marchandises, la ligne Loudun-Châtellerault était plutôt bien fréquentée. Par exemple, en 1929, près de 25000 voyageurs étaient passés par la gare de Lencloître.
Description
Environnement et paysages
La commune de Savigny-sous-Faye est située à l’ouest du Lencloîtrais, sur la route qui relie Châtellerault à Loudun. Elle s’étend sur un territoire de 15 km².
Le bourg se situe au centre de la commune, dominant le plateau agricole qui se développe entre les deux collines qui occupent la commune à ses extrémités nord-ouest (hameaux de Cezay et de la Fuye) et sud-est (Soudun). Les collines sont formées de tuffeau blanc. Cette roche calcaire est tendre et facile à tailler. Le plateau agricole est composé de marnes sableuses et de grès appelé localement grison. Cette roche est un grès, très dur, qui se débite en lits de faible hauteur. Plusieurs ruisseaux (le Pré Haut, le Fond Giraud, le Redour) parcourent la commune mais aucun ne marque véritablement le paysage. Le nord-est de la commune est occupé par un couvert forestier, autour du château de Savigny.
Occupation des sols
Savigny est une commune représentative de ce que l’on observe entre les collines du Thouarsais, du Loudunais, du Mirebalais et du Châtelleraudais, où le sous-sol est essentiellement formé de bancs de tuffeau blanc, très facile à tailler et dans lesquels ont été aménagés des caves et abris troglodytiques en grand nombre. De nombreuses carrières de tuffeau étaient encore en activité au 19e siècle dans les hameaux de Cezay, la Fuye et Soudun.
En 1826, lors de la levée du cadastre ancien, près des trois-quarts du sol de la commune étaient occupés par des labours. Si cela est encore le cas aujourd'hui, il n’en est pas de même pour la vigne qui a entièrement disparu des cultures actuelles alors qu’elle couvrait 6% du territoire de la commune en 1826. 13% du territoire de la commune était couvert de bois, dont plus de la moitié correspond à la forêt qui entoure le château de Savigny, au nord-est de la commune.
Durant l’Ancien Régime et jusqu’aux remembrements, la polyculture à dominante céréalière était majoritaire. L’élevage était pratiqué principalement pour fournir des bêtes destinées à aider aux champs et à nourrir les habitants des fermes. Il était fréquent que certaines parcelles soient occupées par des plantes textiles. A Savigny, des chènevières sont signalées à Magnoux et à la Fuye.
L'agriculture locale a bénéficié de l'installation de la voie ferrée pour l'export des marchandises. Le sol de Savigny était favorable à toutes les cultures. Dans les sables de la plaine agricole étaient produits quelques primeurs, principalement des asperges, qui étaient expédiés aux Halles de Paris. Les terres étaient aussi occupées par des vignes qui produisaient des vins en abondance. Les quelques terrains de Savigny au sous-sol argileux donnaient un vin qui était de bonne qualité. Par ailleurs, les céréales, et tout particulièrement le blé, avaient un rendement considérable. Enfin, les légumes-racines étaient aussi produits en nombre.
Répartition et caractéristiques de l'habitat
Sur le territoire communal, l’habitat est regroupé dans le bourg et dans les quatre principaux hameaux. Le bourg prend place au centre du territoire : Cezay et la Fuye dominent au nord-ouest alors que Soudun occupe la colline du sud-est ; au sud, se trouve Champsalé. Quelques constructions sont plus dispersées dans la commune (la Messelière, la Pinaudière, la Savatonnière,...).
Cette répartition de l’habitat dans la commune était identique au 19e siècle. La population était environ deux fois plus importante qu’aujourd’hui puisqu’en 1856, Savigny comptait 725 habitants répartis dans 202 maisons.
Les fermes construites au 19e siècle observées à Savigny prennent généralement la forme de bâtiments, jointifs ou non, organisés autour d’une vaste cour rectangulaire. Ils sont édifiés en moellons, de calcaire ou de grison selon les hameaux et les ressources disponibles en sous-sol. Les chaînages d’angles et les encadrements de baies sont en pierre de taille calcaire. Le logement est souvent constitué d’un rez-de-chaussée surmonté d’un comble à surcroît ouvert par des jours et une porte haute témoignant du rôle de grenier ou fenil de ces niveaux. Les montants de ces portes sont fréquemment incisés de marques témoignant du comptage des sacs qui y étaient stockés. L’association sous un même toit de plusieurs fonctions (habitation, stockage, etc.) est très fréquente à cette époque. A Savigny ces niveaux restent de faible hauteur, à l’inverse des autres communes du Lencloîtrais où ils sont généralement plus hauts, imitant ainsi un étage d’habitation. Parfois, l’unité d’habitation a pu être agrandie au fil du temps en fonction des besoins et des moyens des occupants.
A ce logement, sont associés plusieurs bâtiments d’exploitation : granges, hangars, étables, fours et, dans certains cas, pigeonniers. Les granges de Savigny ont une forme classique : bâtiments de plan rectangulaire, couvert d’un toit à deux pans, dont l’un des murs gouttereaux est ouvert d’une grande porte charretière fermée d’un linteau en bois. Ces édifices servent à stocker les récoltes. A Savigny, si toutes les fermes possèdent une grange plus ou moins vaste, seules les plus grosses fermes disposent également d’un hangar. A la différence des granges, ce sont des bâtiments ouverts sur un ou plusieurs côtés, afin de faciliter les entrées et sorties du matériel qui y est stocké.
Toutes les fermes sont équipées d’étables parfois abritées dans les granges et destinées à accueillir chèvres, vaches ou moutons. Les cochons disposent souvent d’un petit bâtiment dédié, ouvert par deux ou trois portes. Plusieurs exemples sont bien conservés à Savigny et témoignent des dispositions d’origine : les toits à cochons sont précédés d’une courette pavée et fermée d’un mur.
Plusieurs pressoirs et cuves à vin ont pu être repérés. Avant la crise du phylloxera, cet équipement était courant dans les fermes. En effet, en 1826, 6% du territoire de la commune était occupé par des vignes. A Savigny, l’outillage pour la fabrication du vin est généralement installé dans des granges ou sous des hangars. Un seul cas de bâtiment dédié a pu être identifié, dans une très grosse ferme, à Cezay.
Presque toutes les fermes ont un four à pain dans un petit bâtiment, couvert généralement d’un appentis. La présence de nombreux fours n’est pas étonnante : après la Révolution, les fours privatifs ont été autorisés au détriment du four banal. Dans le bourg, un four à pain collectif, accolé à un puits, est encore en place.
A l’inverse des autres communes du Lencloîtrais, les éléments de décor sont très peu présents dans les fermes de Savigny. De même, on ne trouve que peu d'exemples de logements dont la façade est rythmée de travées ouvertes par des baies relativement grandes. Dans les autres communes, ces dispositions sont typiques des reconstructions à la fin du 19e ou au début du 20e siècle. Cela pourrait donc signifier qu’à Savigny les reconstructions de fermes ont été pratiquées plutôt au cours de la première moitié du 19e siècle. Les différences architecturales peuvent aussi s'expliquer par la position géographique de Savigny à l’extrémité du Lencloîtrais : la commune se trouve ainsi à la frontière des zones d’influence du Mirebalais et du Loudunois.
A l’inverse des fermes, les maisons du bourg ont davantage été reconstruites à la fin du 19e siècle et disposent généralement d’un étage carré et présentent davantage d’éléments de décors, principalement portés sur les lucarnes, bandeaux de niveau et corniches.
Le quartier de la gare
La gare de Savigny revêtait une importance particulière sur la ligne puisque c’est à cet endroit que le rechargement des locomotives à vapeur était assuré. Les cartes postales anciennes montrent une citerne et une éolienne de pompage positionnée à côté du bâtiment des voyageurs. Au sud de ce bâtiment prend place l’ancienne halle des marchandises, identifiable par le quai de chargement. La gare de Savigny proposait les services d’un café et d’un hôtel. Le café, qui a cessé de fonctionner en 1966, était situé en face de la gare. Il était équipé d’une étable destinée aux chevaux-relais. L’hôtel était accessible depuis la gare par une allée qui est encore visible actuellement.
Deux maisons de garde-barrière sont également conservées : l’une dans le quartier de la gare et l’autre en contrebas du château de Savigny. Tout comme les autres bâtiments ferroviaires, ces maisons étaient construites selon un plan-type. Elles ont parfois, comme c’est le cas ici, conservé la plaque métallique indiquant leur positionnement sur la ligne.
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'aire d'étude |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA86013922 |
| Dossier réalisé par |
Lafont Marie
Chargée de l'Inventaire du patrimoine à Grand Châtellerault |
| Cadre d'étude |
|
| Date d'enquête |
2023 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault |
| Citer ce contenu |
Présentation de la commune de Savigny-sous-Faye, Dossier réalisé par Lafont Marie, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/549803ff-efbb-4f58-9bf4-da462721c431 |
| Titre courant |
Présentation de la commune de Savigny-sous-Faye |
|---|