Enceinte, puis couvent d'ursulines (nord)

France > Nouvelle-Aquitaine > Gironde > Saint-Émilion

Les vestiges du Moyen Âge se limitent à la portion longeant le fossé, constituée par le mur d’enceinte en grand appareil, complété dans le courant du 14e siècle par un large contrefort médian adossé au mur et une couronne de mâchicoulis, renforcement défensif lié aux périls de la guerre de Cent ans.

L'ensemble parcellaire, ainsi que la parcelle voisine longée par l'enceinte (AP0455), correspondait à l'emprise de l’ancien couvent des Ursulines. L'implantation de cet ordre d'origine italienne qui avait pour vocation principale d'assurer l'éducation des jeunes filles a été soutenue en Bordelais par l'archevêque François de Sourdis. Établies à Bordeaux et Libourne en 1606, la congrégation de Saint-Emilion apparait en 1627 : Isabeau de Grely, veuve de Jean de Berail, écuyer, fit don de 3 000 livres tournois et d'une partie de biens immeubles afin d’abriter le couvent. En 1629, les Ursulines de Bordeaux déclarent qu'elles ont maintenant à Saint-Emilion "une maison et place pour bastir un couvent" et qu'un commissaire doit visiter les lieux "pour y planter la croix à ce qu'ensuite elles fassent les bâtiments pour y garder la clôture". Le 18 avril 1630, le couvent est bâti ; des religieuses de Sainte-Ursule de Libourne peuvent venir s'y installer. En 1695, le couvent comptait 14 religieuses et deux sœurs converses ; en 1760, le couvent a compté jusqu'à 29 religieuses, deux converses et employait trois servantes et deux domestiques. Les revenus de la communauté provenaient des aumônes dotales, des pensions des élèves internes, de rentes diverses et du produit de leur cinq métairies : celles de Bayonne, Destienne et de Lanseman dans la paroisse de Saint-Sulpice de Faleyras, celle de Gironde dans la paroisse de Puisseguin et une autre dans la paroisse de Génissac.

En raison de leur rôle d’éducatrices, les Ursulines exercent et conservent une influence non négligeable à Saint-Emilion jusqu’à la Révolution. Leur couvent était bien plus prospère que celui des Jacobins et des Cordeliers. La disparition des ordres religieux, le 13 février 1790 ne concernait pas les établissements d’éducation et de charité mais le 17 août 1792, l’assemblée législative décrète "l’extinction absolue de la vie monacale". Le 29 septembre 1792, les Ursulines doivent quitter leur couvent qui doit être affermé et dont les effets doivent être vendus comme bien national. En l’an II, l’église est réservée "aux sans-culottes" pour tenir les séances de la Société des amis de la République. Les baux d'affermage se succèdent jusqu’en 1798, année où la maison est transformée en atelier de salpêtre.

En 1807, les bâtiments et le jardin sont vendus à Defargues, négociant, domicilié à Libourne. En 1810, cette parcelle était encore associée à sa voisine au sud (AP0455). Les constructions du couvent, détruites au début du 19e siècle, ne figurent déjà plus sur le plan de 1845 et ne sont connues que par de rares représentations figurées. A partir de 1875, le Département loue puis achète le bâtiment principal pour y établir la gendarmerie (origine de la scission en deux de la parcelle, la partie sud restant en possession des descendants de Defargues).

Périodes

Principale : limite 12e siècle 13e siècle

Principale : milieu 17e siècle

Sur cette parcelle, les vestiges du Moyen Âge se limitent à la portion longeant le fossé, constituée par le mur d’enceinte en grand appareil, dépourvu en cet endroit de tout élément permettant d’attester qu’il s’agissait d’une demeure formant enceinte : il s’agit ici d’un simple mur surélevé contre lequel a été élevé après coup un large et épais contrefort, dont la plate-forme qu’il ménageait en son sommet pouvait communiquer au nord avec un chemin de ronde élargi par trois couronnes de corbeaux en quart-de-rond formant consoles de mâchicoulis. Cette partie est représentative des portions ayant reçu dans le courant du 14e siècle un renfort ponctuel afin d’améliorer l’appareil défensif de la vieille muraille romane, de manière à faire face aux périls de la guerre de Cent Ans.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moyen appareil

Toits
État de conservation
  1. vestiges

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Gironde , Saint-Émilion , 1 rue du Couvent

Milieu d'implantation: en ville

Lieu-dit/quartier: Ville haute

Cadastre: 1845 C 632, 633, 2010 AP 236

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