Les Nouillers : Demeures
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Historique
La commune de Les Nouillers s'étend sur un territoire de 2 415 hectares où le bâti est implanté sur l’ensemble de son territoire. L'inventaire du patrimoine de la commune de Les Nouillers a permis de recenser 79 ensembles, comprenant, en plus des maisons et fermes, 2 châteaux, 2 anciens logis, 2 moulins à eaux et des dépendances agricoles. L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude et la comparaison des formes architecturales et des décors.
Globalement, les vestiges significatifs des bâtis antérieurs à la Révolution sont plutôt rares à Les Nouillers. De la fin du Moyen-Age (15e ou 16e siècles), on trouve une ouverture à accolade ainsi qu’une tour d’escalier visibles au château des Razes dans le bourg. Il faut noter qu’aucune maison n’est dotée de tels éléments.
Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont plus nombreuses. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Quelques détails attribuables à cette période ont été vus dans le bourg et dans des hameaux, mais l’exemple le plus significatif se situe au hameau les Hautes Boissières. Il s’agit d’un ensemble dont le logement est percé d’une porte en plein cintre à agrafe saillante et de fenêtres à appuis moulurés (on notera aussi l’absence de décor de façade typique de cette époque) et dont le portail porte la date 1665.
Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des ouvertures à linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle, mais aussi des ouvertures à encadrement chanfreiné. C’est la cas d’un ancien logement à pièce unique du 18e siècle qui se situe au hameau les Ouillères, lui-même pourvu d’une baie chanfreinée, d’une fenêtre en arc segmentaire et d’une porte à encadrement irrégulier. D’autres logements de ce type sont répartis sur l’ensemble de la commune.
Comme partout en Vals de Saintonge, une très grande partie des habitations a été remaniée, construite ou reconstruite au cours du 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié à la culture de la vigne et au négoce des eaux-de-vie. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et à feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (génoise, solin, bandeau, corniche).
On relève un ralentissement de la construction dans le 4e quart du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra. Dès les années 1880, Les Nouillers est touchée par cette crise sans précédent, qui ravage tout le vignoble saintongeais. Cette crise a entraîné la chute des exploitations viticoles et les propriétaires terrains se sont alors tournés vers l'élevage. Cette réorientation d'activité a également entraîné la modification des structures existantes en bâtiments d'élevages.
Cette mutation vers l'élevage s’est opérée jusque vers le milieu du 20e siècle, et ce n'est que dans la 2e moitié du 20e siècle que l'abandon progressif de l'élevage a laissé la place à la culture des céréales. Cette nouvelle orientation a eu comme impact la transformation des bâtiments d'élevages en hangars agricoles.
En revanche, suite à l'abandon progressif de l'agriculture, de nombreuses dépendances, mais aussi les logements principaux, on été réhabilités pour satisfaire au confort de la vie moderne.
Cette modernité a engendré, à la fin du 20e siècle, la construction de nouveaux logements, comme par exemple un lotissement à l’entrée du bourg. Depuis quelques années, la commune enregistre une fréquence de population en augmentation, ainsi des maisons nouvelles ont été construites un peu partout sur l’ensemble du territoire communal.
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine |
|---|
Description
Un habitat réparti sur tout le territoire communal
L'organisation du bourg de Les Nouillers a été particulièrement préservée jusqu'à aujourd'hui, en témoigne la comparaison entre le plan cadastral napoléonien de 1828 et le cadastre actuel. Le tissu urbain s’est densifié au cours du 19e siècle au sein du bourg, avec la construction de maisons dans les espaces non occupés jusqu’alors. Ce dernier s’est agrandi vers l’est au cours du 20e siècle, avec l’édification de maisons individuelles et d’un lotissement.
Ce bourg, de type village-rue, se caractérise par une rue principale où le bâti est, pour une majorité, aligné frontalement ou perpendiculairement à celle-ci. Les axes secondaires du bourg sont majoritairement des ruelles en boucles et des impasses. Cet alignement le long de l'axe principal de la quasi-totalité des constructions donne au bourg un aspect très linéaire avec peu d'épaisseur.
Les hameaux sont implantés de part et d’autre la route départementale de Saint-Jean d’Angély à Tonnay Boutonne, formant ainsi la frontière nord-sud de la commune. Les hameaux établis au nord ont la particularité de former un chapelet de villages répartis à proximité d’une voie longeant les marais le long de la Boutonne.
Le plus gros hameau est Port Laroche. Situé au plus près des marais de la Boutonne, il peut être apparenté aux villages dit « bi-polaire ». Son habitat est implanté sur deux zones distinctes et celui dans la partie à l’est est coupé en deux par la route départementale de Saint-Savinien à Landes. Les autres villages de la commune sont de taille plus modeste et quelques-uns ne comptent que deux ou trois ensembles, voire même un seul.
L’empreinte agricole sur l’habitat
Environ la moitié des ensembles repérés sont des fermes ou anciennes fermes, où le travail de la terre a de tous temps été la première activité.
L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent la quasi-totalité des ensembles recensés. Les autres types de plans, tels que les fermes à bâtiments organisés autour d'une cour, de plan en L ou de plan allongé, sont rares aux Nouillers.
Les anciennes fermes peuvent compter un ou plusieurs logements, parfois hiérarchisés. Mais il n'est pas rare de rencontrer des ensembles comportant plusieurs logements de taille modeste. On trouve pas de grandes exploitations viticoles telles qu'on en rencontre beaucoup autour de Matha.
Le nombre et la taille des dépendances agricoles varient selon la richesse de la propriété. Aux Nouillers, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de quelques hangars rarement imposants et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie.
Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on trouvait dans les impasses et les quéreux.
Des demeures à l'architecture simple et modeste
Les logements de Les Nouillers accusent généralement une certaine simplicité. Le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, les façades sont en moellon de calcaire, généralement enduit : la pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux, est réservée aux solins, aux chaînages d'angles et aux encadrements d'ouvertures. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi presque systématique de la tuile creuse : l'ardoise ne concerne que quelques maisons importantes.
Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.
Les deux catégories sont bien représentées sur cette commune. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Les maisons à cinq travées sont peu présentes. En revanche, il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.
La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Quant aux décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées, ils sont peu représentés.
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier collectif |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA17049861 |
| Dossier réalisé par |
Lhuissier Nathalie
Chargée de mission entre 2004 et 2018. |
| Cadre d'étude |
|
| Date d'enquête |
2001 |
| Copyrights |
(c) Communauté de communes des Vals de Saintonge, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Les Nouillers : Demeures, Dossier réalisé par Lhuissier Nathalie, (c) Communauté de communes des Vals de Saintonge, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/77edd8f3-ff3d-4508-b716-264e3a38223e |
| Titre courant |
Les Nouillers : Demeures |
|---|---|
| Dénomination |
demeure |