Iconographie |
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Thèmes : Apparition du Christ, sainte Jeanne de Chantal, enfant, angelot, ange, échelle, vision
Précision sur l'iconographie : La toile, classée sous le titre générique d'Apparition du Christ à une sainte, représente une religieuse dans une chapelle ou oratoire, agenouillée aux pieds du Christ figuré en Salvator mundi, assis sur une nuée, la dextre posée sur le globe terrestre (ou monde), la tête ceinte d'une gloire d'angelots. La religieuse, la main gauche posée sur le cœur, désigne de la dextre trois jeunes enfants, assis ou agenouillés devant un degré d'autel (?) et vêtus de riches atours colorés, qu'elle paraît offrir à la protection du Christ. Devant le degré, dans l'angle inférieur gauche, un coffret ouvert laisse répandre plusieurs bijoux, dont un collier de perles, ainsi qu'un scapulaire à cordon et bordure bleus marqué du monogramme MR (sans doute pour "Maria Regina", la Vierge Reine). Le Christ, le regard posé sur la religieuse, désigne de la main gauche une scène à l'arrière-plan, visible à travers une arcade cintrée ouverte sur un ciel d'azur : la vision d'une échelle céleste que gravissent trois petits personnages vêtus de blanc, accompagnés dans leur ascension par un ange. L'habit de la religieuse, robe entièrement noire, voile noir et guimpe blanche, est celui des visitandines ou religieuses de l'ordre de la Visitation de Sainte-Marie. Il s'agit donc probablement de sainte Jeanne de Chantal (1572-1641), fondatrice de cet ordre en 1610, béatifiée en 1751 et canonisée en 1767. Jeanne Françoise Frémyot, veuve du baron de Chantal en 1601, à vingt-neuf ans, eut plusieurs enfants, dont trois seulement survécurent à la petite enfance : Celse Bénigne (père de la future marquise de Sévigné), Marie-Aimée, baronne de Thorens, et Françoise, dame de Toulongeon, auxquels pourraient être identifiés les trois enfants figurés à ses pieds. Les bijoux répandus symboliseraient les vanités mondaines auxquelles la baronne renonça en prenant le voile. Si Jeanne de Chantal est fréquemment figurée en gloire (seule ou avec son mentor saint François de Sales), parfois présentée au Christ ou à la Vierge, l'évocation de ses enfants dans un tableau d'église semble toutefois beaucoup plus rare, voire unique. De même, le thème de l'échelle céleste, dérivé de l'échelle de Jacob et de l'échelle sainte de saint Jean Climaque, n'est pas habituellement associé à l'iconographie de la fondatrice de la Visitation.
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