Cimetière

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Jusqu’au milieu du 19e siècle, le cimetière entoure l’église, au cœur du bourg : il est ainsi représenté sur le plan cadastral de 1825. Son exiguïté et les problèmes de salubrité publique conduisent dès 1841 à envisager son déplacement à distance, sur des terrains (au lieu-dit Lafue) jusqu'alors plantés en vigne et finalement acquis par la commune en 1850. L’ancien cimetière est progressivement abandonné : les registres de délibérations indiquent qu’ "on a cessé d’inhumer depuis le 24 septembre 1845 dans le cimetière situé au midi de l’église".

Dès 1850, Martin Alcuet, ancien maire de la commune et propriétaire de Carcasset, souhaite acquérir un terrain dans le nouveau cimetière afin d’y bâtir un caveau pour la sépulture de sa famille. Ce monument, un obélisque, y est encore conservé ; d’autres sépultures de ces années 1850-1860 ont également été recensées.

C’est un peu plus tard en 1876 qu’un dépositoire est projeté, "pour y déposer provisoirement les cercueils pour des familles qui n’ayant pas encore de caveau désirent en faire construire".

Dès 1874, le cimetière est jugé trop petit. Son agrandissement, au sud, à l’est et à l’ouest, s’accompagne d’un projet de clôture et de portail ; en 1879, s’y ajoute "un logement pour le fossoyeur qui en même temps servirait de concierge au cimetière", tandis que le maire doit hâter l’acquisition des terrains nécessaires.

Puis en 1880, les plans et devis dressés par Jean-Edouard Bonnore, architecte à Lesparre, sont adoptés : le cimetière est inauguré le 2 janvier 1881 comme l’atteste l’inscription sculptée au revers du portail. La place dégagée au-devant et plantée d’arbres est équipée d’une salle d’attente et du logement du concierge.

A cette époque, on procède à la translation des cendres du curé Pézet, "le caveau destiné à recevoir les corps des prêtres décédés étant terminé". La dalle funéraire du monument porte encore son épitaphe.

A la suite de la souscription lancée en 1918, le monument aux morts est réalisé par le sculpteur Gaston Leroux, directeur de l’École des Beaux Arts de Bordeaux, et installé à la fin de l’année 1921.

Un autre monument aux morts de la guerre 1914-1918 est situé contre le mur ouest : on y aurait inhumé les soldats enterrés dans le cimetière du lazaret, au moment où la raffinerie de pétrole s'étend.

Autre monument commémoratif, cette plaque installée au revers du portail en 1948 évoquant la catastrophe du Prosper Corue, chalutier en provenance de Terre Neuve, ramenant le corps de son capitaine décédé pour être enterré à Pauillac. La chaloupe permettant de regagner le bateau après l’enterrement s’enlise, chavire et 14 hommes périssent dans l’estuaire dans la soirée du 31 octobre 1881 : 6 d’entre eux furent inhumés dans le cimetière.

Plusieurs noms de marbriers ont été repérés sur les sépultures : Berlan (rue d'Arès, 137 à Bordeaux), Sandaux, Sandres (Lesparre), Bibard et Ardouin (Leyssac). La chapelle funéraire de la famille Dumas était éclairée par des vitraux : l'un d'eux, représentant saint Pierre, est signé "Lieuzère et fils, Bdx" et daté 1879.

Périodes

Principale : milieu 19e siècle

Principale : 4e quart 19e siècle

Dates

1881, porte la date

Auteurs Auteur : Bonnore Jean-Édouard

FERET Edouard, Statistique générale de la Gironde, Personnalités et notables girondins. De l’Antiquité à la fin du XIXe siècle, Bordeaux, 1889, p. 82 :

BONNORE (Jean-Edouard)

Architecte, né à Lesparre (Gir.) le 19 octobre 1820. Élève de Jules Bouchet à Paris, sous le patronage de Visconti, archit. Fixé à Lesparre en 1852, architecte de l’arrondissement et de la ville de Lesparre, du lazaret de Trompeloup ; a été membre correspondant de la commission des monuments historiques de la Gironde. A fait édifier ou restaurer dans les arrondissements de Lesparre, de Blaye et de Libourne 24 églises dont 18 neuves ; ce sont celles de Lesparre, Carcans, Vendays, St-Vivien (les nefs, l’abside et le clocher, monument historique de 1re classe, vient d’être reconstruite, sous la direction de M. Bonnore, aux frais de l’Etat) ; Verdon, Talais, Grayan, Naujac, Ordonnac, Potensac, St-Girons, Pugnac, Saugon, Donnezac, St-Androny, St-Caprais, Néac, St-Christoly-de-Médoc (façade principale, monument historique). Nous pourrions énumérer plus de vingt mairies, écoles ou presbytères et un grand nombre de maisons bourgeoises ou châteaux parmi lesquels nous citerons : le château de Sipian, à Valeyrac (V. son dessin, tome II, p. 511) ; château du Port, à M. Eycart de Morin, à St-Vivien ; château de P. Bert, à Talais ; château Troussas, à M. Ph. Brannens, à Valeyrac. Citons encore le portail du cimetière de St-Estèphe et les plans d’un nouveau lazaret projeté à Padarnac, etc. Auteur de : Quatre vues pittoresques de la vieille église de Soulac, avec notice descriptive et hist., Bx, s. d., in-f°, 2 pp. de texte et 4 lith.

, architecte (signature)
Auteur : Lieuzère et fils

Jean-Baptiste Lieuzère (1817-1889) et son fils Pierre (1844-1915). Atelier à Bordeaux, rue d'Albert en 1876 (AM Saint-Genès-de-Blaye, non coté).

, peintre-verrier (signature)
Auteur : Leroux Gaston, sculpteur (attribution par source)

Le cimetière est situé à distance, à l'ouest du bourg. Il occupe un vaste espace de plan rectangulaire, clos de murs et accessible par un portail au sud. De part et d’autre de l’arc principal, deux portes piétonnières sont ménagées. L’ensemble est orné de motifs funéraires traditionnels : flambeaux, couronnes mortuaires, croix, branches de laurier, omégas.

Deux constructions en rez-de-chaussée sont disposées de part et d'autre de l'entrée ménageant une place plantée d'arbres. L'une d'elles servait de salle d'attente, l'autre de logement pour le gardien.

A l'entrée du cimetière se trouve le monument aux morts : une figure féminine en marbre de Carrare déposant au pied de la croix le casque et l’épée symbolise à la fois la douleur et la paix.

A proximité, le dépositoire se présente sous la forme d'une imposante dalle ornée d’une couronne d’immortelles et d’une frise de vigne.

Le cimetière de Saint-Estèphe conserve par ailleurs des exemples de sépultures aux formes très variées, allant de la simple croix en fonte ou en pierre au sarcophage, à l’obélisque ou à la chapelle funéraire.

Notons également les clôtures métalliques entourant les tombes ou bien le mobilier funéraire (porte-couronnes en verre et zinc, prie-Dieu en zinc, vitraux, autels…) dont subsistent quelques vestiges.

Toits
Décors/Technique
  1. sculpture